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CARNETS DE VOYAGE en LOUISIANE : "LES INDIENS HOUMAS et VANOSC, LA SUITE..."

Témoignage fort intéressant et révélateur. Erosion des terres, érosion de la culture, dans ce coin de Louisiane chère à Monique Verdin qui a anime un vendredi de La Vanaude, il y a quelques mois.
Publié le lundi 28 novembre 2016 par Mairie

Serge et Muriel BONIJOLY, à l’occasion d’un voyage professionnel à la Nouvelle Orléans ont eu le plaisir de rencontrer, par l’intermédiaire de Marie-Françoise Crouch, franco-américaine spécialisée dans la culture houma, la famille de Monique Verdin. Rappelons que Monique était venue animer un Vendredi de la Vanaude sur la nation houma avant de se rendre à la COP21 à Paris !

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On fait sécher les « chevrettes »
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Le bateau de pêche
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Les squelettes d’arbre et le pétrole…
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Muriel et Jeanne

Petit rappel :

La COP21 de 2015 à Paris est terminée, personne n’est parti en claquant la porte, un accord a été signé, qui devra être revu régulièrement. Il reste à espérer que certains pays iront plus loin que leurs engagements. En même temps que les négociations, l’UNESCO a souhaité que des représentants des peuples autochtones viennent en France témoigner de leur expérience et faire part de leurs solutions pour remédier à certains problèmes environnementaux et climatiques. En Amérique, le nord et le sud ont eu des délégués qui ont eu l’occasion de s’exprimer.

Les tribus / nations amérindiennes des États-Unis dont on parle le plus souvent, sont surtout des tribus reconnues par le gouvernement fédéral, mais toutes ne le sont pas, et luttent jusqu’à aujourd’hui pour obtenir cette reconnaissance, qui crée des obligations du gouvernement fédéral envers elles, que ce soit des subventions, des aides en cas de catastrophe naturelle, l’éducation ou la santé.

Ainsi, les Houmas de Louisiane, en dépit de demandes répétées, ne sont pas encore reconnus par le gouvernement fédéral, seulement par l’État de Louisiane. Ce sont les seuls Amérindiens encore francophones aux États-Unis, qui parlent un « français houma ».
La présence française se fait toujours sentir, ne serait-ce que dans la toponymie, avec des villages comme Grand Caillou, Petit Caillou, Terrebonne ou Grand Bois. Ces Indiens ont été d’autant plus facilement spoliés qu’ils ont été scolarisés très tard, et qu’ils parlaient peu ou pas l’anglais. La génération des jeunes adultes parlent anglais et sont mieux armés pour demander la reconnaissance fédérale : il faut « prouver » qu’il y a eu une continuité géographique et tribale au fil des siècles, alors qu’ils ont été obligés de se déplacer pour survivre.

Une jeune femme houma, Monique Verdin (un nom bien français), a fait du « crowd-funding » (financement participatif grâce à Internet) pour financer sa venue lors de la COP21.

Elle est née en Louisiane, au sein de la communauté houma et est allée vivre en Floride avec sa mère après le divorce de ses parents. Elle s’était toujours promis de retourner en Louisiane dès que possible. À 18 ans, elle est effectivement retournée dans sa communauté, vivre avec sa grand-mère, Mâtine Verdin, qui se qualifie de « Indienne française ».

Monique s’est employée à noter les histoires que lui raconte sa grand-mère, prendre des photos et filmer un monde qu’elle craint de voir disparaître.

Les Houmas étaient autrefois des cultivateurs, puis ont été repoussés petit à petit vers le delta, là où ils ne pouvaient plus cultiver ; ils ont alors vécu de la pêche, de la chasse et de la trappe. L’écrevisse a été adoptée comme emblème de la tribu. La découverte de pétrole ne leur a rien apporté : ils n’ont pas de réserve, donc pas de base territoriale, pas de reconnaissance, c’est-à-dire aucune protection, mais aucun avantage financier non plus. Plus les compagnies creusent, plus la terre des bayous, où vivent la majorité des quelque 17 000 Houmas, s’enfonce.

Une cousine de Monique, Clarice Friloux, a entrepris de lutter contre les compagnies pétrolières, entre autre contre les puits creusés pour entreposer les déchets pétroliers toxiques. En outre, la tribu a été durement frappée par l’explosion de la plateforme pétrolière BP dans le golfe du Mexique, et la marée noire qu’elle a provoquée : paradoxalement, les familles de pêcheurs doivent souvent travailler pour les compagnies pétrolières, seuls emplois disponibles. Il ne faut pas oublier, non plus, les dégâts provoqués par les ouragans Katrina et Rita : ce sont surtout les quartiers pauvres qui ont été touchés. La maison de la grand-mère a été totalement détruite. Les habitants ont été recueillis dans de vastes entrepôts, où des centaines de lits de camp étaient alignés les uns à côté des autres. On voit dans le documentaire Monique parcourir les allées à la recherche de sa grand-mère.

La langue traditionnelle, qui s’apparentait à la langue choctaw, est perdue, la plupart des mythes, également. Certains Houmas font des recherches dans les archives des Jésuites, à la recherche de bribes de leur culture. Leur culture est comme la terre des bayous dans lesquels ils vivent : l’érosion les fait disparaître petit à petit.

Cela n’a pas empêché Monique Verdin de faire un documentaire autobiographique sans amertume, qui est une déclaration d’amour à la Louisiane. D’ailleurs, le titre en est : « My Louisiana love ». Un dernier détail à signaler, qui montre la résilience de Mâtine Verdin : elle a perdu sa maison, vit dans un préfabriqué, vient d’avoir 100 ans, et on la voit planter « une » pomme-de-terre. Cette grand-mère est décédée récemment après avoir fêté ses 100 ans.

Lundi 13 novembre 2015 :

Midi :
Marie-Françoise Crouch nous attend à la sortie d’une messe Gospel à la nouvelle Orléans et nous guide pendant 1h30 jusqu’au territoire d’une partie de la nation Houma à La pointe aux chênes, territoire marécageux, envahi par les bayous (eau douce) et par les eaux salées et de surcroit polluées par les déchets des compagnies pétrolières du golfe. Autant dire qu’il ne reste plus beaucoup de terre cultivable et que même les arbres meurent à cause du sel, laissant un paysage quasi désertique avec seulement quelques squelettes d’arbres morts ….

Monique Verdin ne sera pas là. Elle nous a envoyé un petit message : « Bonjour, C’est tellement bouleversant ce qui se passe aux États-Unis. Je pensais que Trump était une blague, qu’il ne serait jamais président. Mais maintenant il sera. Il n’y a rien de drôle à ce sujet. Je suis actuellement en route vers Standing Rock, au Dakota du Nord, pour rejoindre les peuples indigènes en première ligne qui essaient de retenir le Dakota Access Pipeline, un pipeline qui apportera le brut le plus sale du Nord à la Louisiane. Je suis tellement désolée que je ne pourrai pas rencontrer Muriel et le président ce dimanche. Mes plus sincères excuses. »

13h30 :

Nous arrivons chez Jeanne, la tante de Monique et sa famille : Nessy, Catherine etc… Surprise ! Tout le monde parle français, pratiquement sans accent même les jeunes… Nous sommes invités à faire un petit tour en bateau sur le bayou en particulier pour voir où le village se situait (cimetière, école, le pont etc…) avant que les terres ne s’enfoncent sous la montée des eaux…
Pendant ce temps la famille de Jeanne va nous préparer à manger. Nessy, le mari de Jeanne, conduit le bateau, Jeanne commente… Petite panne de moteur…. Retour difficile, frais et long mais nous rentrons quand même à bon port.

17h :
La nuit tombe, et on nous invite au repas : beignets de crabe et de chevrettes (crevettes), jambalaya (à mi-chemin entre la paella et le rizotto aux fruits de mer….)… Toute la famille et les voisins nous ont rejoints, C’est la fête….
On retourne à La Nouvelle Orléans, le cœur plein d’émotion et de souvenir. Merci Monique et Marie-Françoise.

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Un pélican
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L’habitat sur pilotis
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On mange des beignets de chevrettes
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America, america…
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Les routes aussi sont sur pilotis, que d’eau, que d’eau…
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La devise de la Louisiane, pour combien de temps ????
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Jeanne et Marie-Françoise
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Nessy
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L’emblème de la Nation Houma.
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Par l’intermédaire de La Vanaude Monique Verdin a rencontré les scolaires lors de sa venue à Vanosc

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