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FRANCOIS, L’ENFANT DU PAYS POETE... GAVROCHE, QUAND DUO RIME AVEC BRIO

Son village natal, la nature, la beauté des paysages, les gens, la fraternité l’humanisme….sources d’inspiration…Particulièrement riches
Publié le dimanche 2 octobre 2016 par Mairie

La Vanaude nous a habitués à des soirées ou qualité et convivialité font bon ménage.
Le dernier vendredi ne dérogea pas à cette règle bien plaisante…

L’ombre du bon vieil Hugo planait dans la salle….Primo parce que la poésie, sous la plume alerte de François Pain, était à l’honneur et secundo parce que le duo de musiciens Alexandra et Patrick se produit sous le nom de « Gavroche »….

En fin d’article vous pourrez découvrir quelques poèmes de François.

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Sans doute pas facile de lire ses propres poèmes... François s’en bien tiré, il a trouvé le bon tempo
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Le brio de Gavroche
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Poèmes, chansons...pour une bonne soirée
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Cousins, cousines... Avec nos bidons en fer blanc.... On galopait chercher le lait.... Chez l’oncle Marius, cheminant.... Dans l’odeur des soirs de juillet......
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Retrouvailles au pays d’enfance...

La terre, les gens

Fin observateur, quand il parle des gens d’ici, de leur rapport au temps, aux saisons, au labeur, François se situe dans la lignée des fameux vers de Hugo :

« Sa haute silhouette noire

Domine les profonds labours.

On sent à quel point il doit croire

A la fuite utile des jours. »

Dans souvenirs d’enfance à Vanosc, François écrit avec justesse :

« Sur les murets montés jusqu’à l’orée du bois

J’y ai vu le courage des hommes

Et la fatigue des pierres.

Dans l’eau glacée des lavoirs

J’ai mesuré l’énergie des femmes

Et la lassitude des draps »

Son attachement sincère et viscéral à son cher petit village n’est pas sans résonner avec Du Bellay qui préfère le séjour qu’ont bâti ses aïeux aux palais romains –au- front audacieux … et qui a hâte de revoir son petit village angevin.
Au passage, ce poète a été récemment chanté par un jeune Ridan, français d’origine algérienne, qui a, avec talent, prolongé le texte du XVIème…

Dans des textes comme Gustine , Célarié , et d’autres on retrouve des sensations, des émotions qui rappellent avec bonheur les écrits de Jean Carrière, l’auteur de « l’épervier de Maheux »… et d’un morceau d’anthologie dans "Joseph, Noémie, Célestin et autres paysans de l’Ardèche"...

Le militant

L’autre versant de François, son adhésion aux vraies valeurs républicaines, le souci et le respect des autres, a été nourri par ce qu’il a vécu dans son village mais aussi dans sa profession d’éducateur, militant infatigable des droits de l’Homme, pour un monde plus juste… " L’homme énigmatique ", un vanoscois, « A la rue », "Clandestin " en témoignent…

Les événements récents ne l’ont naturellement pas laissé insensible, « Après le 13 novembre » ou « Qu’a-t-on fait de l’esprit des Lumières ?  » dénoncent la violence, l’obscurantisme et en appellent à la raison et à la tolérance.

L’amour, les sentiments, la famille, le bonheur, les émotions simples, la vie tout simplement... Francois croque tout cela à pleines dents avec des mots toujours bien choisis, du rythme, des figures de style, il manie bien l’oxymore… « la hâte ralentie » de l’homme énigmatique est de bon aloi…

Le brio de Gavroche

Alexandra et Patrick ont entrecoupé les lectures de François par de belles chansons parfois adaptées , parfois de leur production, parfois inspirées de poètes tel Baudelaire… leurs voix se complètent à merveille
Là aussi le talent était au rendez-vous…

Une soirée agréable, à l’instar « des instants volés au grand vacarme de la vie » comme disait Ferrat…

Merci à François, Alexandra et Patrick et merci à Jean Dentressangle qui a bien voulu entonné l’hymne local « Vanosc la belle » en guise de conclusion…

A noter qu’en dédiant cette soirée à Maurice Mathevet, son conscrit François a touché toutes les personnes qui ont connu et apprécié Maurice qui aurait aimé être là…

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Patrick
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Alexandra
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Jean interprète "Vanosc la belle"... of course...

Poèmes de François PAIN.

UN HOMME ENIGMATIQUE

Encor jeune et pourtant on l’appelait « mémé »

Régis apparaissait aussi vieux que le temps

Il allait, repassait continuellement

A travers les sentiers, son regard renfermé

C’était un homme étrange habillé tout en noir

Son front était brûlé ou peut-être malpropre

Ses souliers écornés, sans vraiment d’amour-propre

Il portait sur son dos un sac de désespoir

L’orgueil de vivre obscur, il se hâtait toujours

Surgissant de derrière un buisson abondant

Et apeurant souvent bon nombre de quidams

Surpris sur son chemin quelque soit leur bravoure

Régis était aussi connu pour son adresse

Sa hâte ralentie, il savait réparer

Une horloge comtoise en panne avérée

Une montre gousset montrant quelque paresse

Il marmonnait pour dire à son client d’un jour

Ses contrariétés et le coût justifié

De la réparation de la chose confiée

Avec moult manigances oubliant les débours

Son regard disait rien sur les carreaux du temps

Même si son veston avait couleur du deuil

Sa besace toujours nous faisait un clin d’oeil

Comme pour signifier son aspect envoûtant.

Le 02/08/2016


CLANDESTIN

Je vous parle d’un gars qui jamais ne sommeille

Tant la peur et le froid le maintiennent en éveil

Il s’appelle Khaled, son nom ne vous dit rien

Arrivé récemment de son pays, Syrien

Le flot de son passé inonde son esprit

La guerre et l’angoisse l’ont grandement meurtri

Il a laissé là-bas trois frères et deux soeurs

Sous les bombardements, le tir des oppresseurs

Durant sa traversée, étrange passerelle

Il a dû supporter les morsures du sel

Affronter les vagues, lutter contre le vent

Alors que le bateau prenait l’eau par l’avant

Une peur glaciale s’est alors infiltrée

Comme le souvenir de pirogues éventrées

Déferlant dans sa tête et venant en écho

De cousins bien connus qui sont morts illico

Débarqué sur l’île de Pantelleria

Khaled comprend qu’il est personna non grata

Lui qui rêvait portant de sol européen

Pour pouvoir ériger de nouveaux lendemains

Pendant près de trois mois, il reste séquestré

Dans un centre d’accueil propre aux sinistrés

Il tentera trois fois de passer la frontière

Pour arriver en France et s’en trouver très fier

Aujourd’hui, il est là, présent dans cette ville

Errant un peu partout en quête d’un asile

Comme un renard traqué, il reste sur ses gardes

Il se méfie des flics de peur qu’ils le brocardent

Enserrant sa colère au fond de la poitrine

Il se cache il a peur et son espoir décline

Il souhaiterait tant un titre de séjour

Pour échapper ainsi au possible retour

Si dès lors en flânant, vous êtes amené

A rencontrer ce gars, vous le reconnaîtrez

Ses grands yeux noirs implorent un peu de bienveillance

Consacrez-lui du temps et gagnez sa confiance

Les nuages pesants, remplis de tant de maux

Chaque jour un peu plus lui font courber le dos

C’est un gars harcelé qui jamais ne sommeille

Mais il compte sur vous pour être son soleil.

Le 21/11:14

CELARIE

Célarié, tes maisons ont sombré dans les saisons de l’oubli.

Elles portent l’ennui d’un vieux souvenir

Même la clarté du jour s’y perd

Est-ce les ronces et les genêts qui les écrasent de leur fatigues

Ou la courbature des hommes partis ?

Les prairies alentours se sont enveloppées dans les bois.

Les rêves des Anciens veillent sur leur passé

Une odeur fanée flotte...

Trace piétinée d’un arrière-goût d’enfance...

18/01/2016


GUSTINE

Elle se tenait assise sur un tronc d’arbre au bord du chemin.

Tout près, les feuilles du sorbier tremblaient de tendresse et de pudeur

sur son corps frêle, gagné par l’ombre.

Son visage, froissé par les morsures du temps

semblait quelque peu détaché.

Elle était silence. Elle était oubli.

Derrière elle, son chien nommé « Comme-vous » semblait lui-même rêver

le museau reposé sur ses pattes avant allongées.

Un peu plus en amont, près des lilas, cinq chèvres broutaient à l’orée du pré.

Entre ses mains traversées par tant d’années, elle tenait une canne

presque aussi fatiguée qu’elle.

A ses pieds, un panier en osier où quelques noix occupaient le fond.

Gustine avait depuis longtemps répudié ses souvenirs.

Si ses yeux n’exprimaient plus d’attente, ses rides exhalaient des années de labeur.

Son bonheur, à présent, était fait de petits riens qu’elle partageait avec « Comme-vous »

Du pain, des pommes de terre, de la tomme...suffisaient à son quotidien.

Gustine, immobile, regardait les nuages s’étirer dans le ciel

et demeurait là, comme attachée à cet arbre mort, attendant que le soir tombe.

Elle était silence.

Elle n’est plus oubli, à présent qu’elle habite là sur cette prairie de mots...

Le 05/10/2015

APRES LE 13 NOVEMBRE...

Après s’être attaqués à la libre expression

Ils voulaient maintenant juguler nos valeurs

Paris s’est tue hier soir dans l’exténuation

Due aux actes inhumains commis par des traqueurs

On les connaît si bien tous ces fous de Allah

Voyous dans les cités et prêcheurs déguisés

Prônant l’obscurantisme comme un apostolat

Et réduisant les femmes à des corps abusés

France trop d’inculture occupe encor ton sol

Il t’appartient dès lors d’apporter la lumière

Aux enfants ignorants qui n’ont pas de boussole

Et qui croient mutiler nos valeurs par la guerre

La plaie qui sur nous tombe a endeuillé nos murs

Paris saigne aujourd’hui mais ne cédera pas

Relèvera le front le verbe pour armure

Fera taire la peur et tous leurs bazookas

Allons enfants du Bataclan relevez-vous

Occupez les bistrots les terrasses à l’envi

Retournez aux concerts j’entends que l’on y joue

Ne vous refusez rien et surtout pas la vie.

Le 14/11/2015

VANOSC RENOUVEAU

Ici le vent ôte des feuilles aux habitudes

L’astre ardent a légué quelques grains de lumière

Les associations vivent sans inquiétude

La Vanaude, à l’esprit, est mère nourricière

Vanosc a su enfin reconnaître les siens

Moissonner son histoire et la rendre visible

Eriger un musée à la gloire d’un ancien

Utile évocation, mémoire transmissible

La pureté de l’air débride les consciences

Fruits du désir naissant ou boutons de la fleur

Les jeunes restent ici, se sentent en confiance

Vanosc s’agrandit, merci à ses semeurs

Je suis de ce village qui renaît dans sa chair

L’esprit qui s’y dégage doit nous rendre plus fiers

Je suis né dans un bourg qui renaît dans son âme

Que battent les tambours, qu’aujourd’hui on l’acclame.

Le 30/01/15


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